Chroniques

BALANCE 020 : DEETRON (Balance Music)



Si les compilations mixées du label australien Balance n’ont plus de secret pour les inconditionnels de la musique électronique, même si les deux plus grosses sont celles de Fabric et les DJ-Kicks, il n’est pas anodin de faire la part belle à ce label qui fête cette année ses dix ans d’existence. Et pour se tailler une part de lion la nouvelle sortie souligne un débat artistique qui ne cesse d’être argumenté. Car l’artiste qui a eu en charge de réaliser deux mixes pour cette vingtième édition l’a fait sous deux différentes manières : l’un mixé en vinyle et l’autre en numérique.

C’est le producteur suisse Deetron qui a décidé de trancher ce débat et le résultat sonne avec la même intensité : l’un est réalisé au moyen de trois platines vinyles, un set-up standard pour l’artiste tandis que l’autre est réalisé en numérique avec Cubase et Wavelab. Qu’il y ait deux écoles de pensées ne l’inquiète pas du tout : « Cette compilation est une célébration entre ce merveilleux format qu’est le vinyle et les possibilités infinies qu’offre le monde digital ».

Deux disciplines que le producteur helvète maîtrise à la perfection, à la mesure de sa carrière qui a été par ailleurs remarquée auprès des labels tels que Music Man, Green, Rejected, Circus Company ou encore Versatile. Deetron est avant tout un artiste confirmé, distillant une sagesse et une impressionnante qualité musicale lors de ses prestations, et ses productions ne sont pas en reste.

Il lui a fallu du temps pour sélectionner les morceaux et les rassembler en un ensemble cohérent : « Au tout début c’est comme si tu entrais dans un magasin de vinyles et que tu les écoutais un par un en déplaçant la cellule du début à la fin : le plus dur étant de créer une sélection finale et de les jouer de façon harmonieuse ». Même s’il utilise à la fois le vinyle et le numérique lors de ses performances, il reste convaincu que ses influences proviennent des années 1990 avec la parution de la série X-Mix chez !K7 : « J’ai été vraiment touché par la qualité de ces mixes lorsqu’ils sont sortis au milieu des années 1990 ; j’en ai encore beaucoup en tête, celui de Laurent Garnier en particulier, parce qu’ils étaient construits autour d’une approche cinématique, voire dramaturgique. »

Deetron ne lésine pas quand il s’agit de qualité puisque les deux mixes contiennent de fabuleux morceaux, à la fois intimistes et avant-gardistes, un peu comme la notoriété de l’artiste : avec « Nine » d’Autechre en entrée de jeu sur le mix digital, ce sont ensuite des morceaux de Todd Terje, Move D ou Maceo Plex qui s’articule dans une lignée pure et musicalement intense. Ricardo Villalobos, Alva Noto ou encore Nicolas Jaar s’invitent également sur la « partition ».

Le deuxième mix n’est simplement pas constitué de kicks, snares et autres hi hats comme pourrait le laisser paraître l’utilisation du format vinyl : ça n’est pas non plus une utilisation synchronisée et répétée de phrases mais bel et bien l’art DJ sous sa plus belle écriture. Le mix respire entre house et techno, entre mélodies et couplets, sous la tutelle d’artistes tels que Osunlade, Âme, Ripperton, Romanthony ou encore Carl Craig pour n’en citer que quelque uns. Un mix qui nous transporte loin.

Les deux mixes contiennent plus de 25 morceaux chacun dont « Croque », une production de Deetron et « Swept Illusions » de Ripperton, deux morceaux inédits.

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If Balance’s australian imprint mixes have gained enough reputation for the fans and listeners of the electronic scene, even if the better ones are those from Fabric and DJ-Kicks, it’s normal to highlight it thanks to its tenth anniversary this year. To cap off its stardom the latest addition is set to be an impressive artistic debate because the man behind the decks has made two mixes but with different way : one on vinyl, the other on digital.

It’s swiss producer Deetron who cut off the debate and the result rings like quality and finest art. The vinyl one was made with three turntables, standard set-up for the artist, whereas the other was realized with Cubase and Wavelab. Whether it be two school of thoughts he doesn’t care about it : “This compilation is a celebration of the gorgeous format that is vinyl and a praise for the endless possibilities the digital world has to offer”.

Two disciplines the producer knows as its best thanks to the wide career he embraces for more than 10 years, regarding his signatures on labels such as Music Man, Green, Rejected, Circus Company or Versatile. Above all Deetron is a confirmed artist, spreading the word and his wisdom through quality and passion into his live shows, as great as his productions.

By the way he tooks time to select and gather tracks into a good direction : “The beginning of the process could be compared to crate-digging in a record store and going through hundreds of pieces of music. The more difficult part is to make the final selection and to put these tracks together in the mix with a good flow”. Even if he uses both technics on his performances, he knows where everything started since his humble beginnings on listening X-Mix series from !K7 : “Those mixes had a big impact on me when they were released in the early/mid-nineties. I’ve had those in mind – especially the Laurent Garnier one – because of their cinematic approach and dramaturgy”.

Deetron is a headhoncho when quality should be brought because both mixes contains fantastic tracks, melt between intimacy and futurism, like the career of the artist : with « Nine » from Autechre to begin the first mix, there are also tracks from Todd Terje, Maceo Plex, Move D, and also special titles by Ricardo Villalobos, Alva Noto or also Nicolas Jaar. Fantastic appearances to make it bright and tasty.

The second mix is not created with just kicks, snares and hi hats as vinyl implies, not only beat grid syncing or another way to make it easy : this is arty. Like a good writing, the mix breathes between house and techno, between melodies and phrases under the spell of tracks from Osunlade, Ripperton, Romanthony or Carl Craig to name a few. A mix which gives us wings to fly away.

Both mixes are made with more than 25 single tracks whom exclusive “Croque” by Deetron himself and “Swept Illusions” by Ripperton.



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NIKOLA GALA – THE WOMAN I LOVE (Plastic City)



Après plusieurs années à sortir ses productions sur des labels comme Urban Torque, Ibadan ou également Freerange Nikola Gala sort enfin son tout premier album sur le très respecté Plastic City, sous-label du dinosaure Harthouse. L’artiste grec a débuté par ailleurs la production pour se lancer dans le mix quelques années plus tard, et fait partie d’un renouveau électro sur la nation grecque aux côtés de Kreon, Lemos, John Dimas ou encore Mr Statik. Il s’est par ailleurs démarqué cette année avec la sortie de « The Beginning EP » chez Rekids.

« The Woman I Love », le titre de son album, colle tout à fait avec cette notion sensuelle et limite corporelle que l’on pourrait se faire avec un tel titre : Nikola a ainsi produit une dizaine de morceaux, taillés dans une deep house quelque peu minimale et idéale à jouer en club du fait d’un rythme lourd et techy. Il a toujours gardé cette marque de fabrique sensuelle dans ses précédentes productions, une atmosphère chaleureuse qui se démarque relativement bien en Grèce puisque le pays regorge de paysages somptueux, baignés de soleil et entouré par la mer.

Dès le premier morceau « Bring In Da Funk », jazzy et groovy à souhait, la couleur musicale est lancée, et ce jusqu’à la fin de l’album. Tantôt agressif avec « Inner Circles Chords », tantôt progressif avec « I Was So Wrong » et la belle participation de Sylwia Van der Wonderland, Nikola arrive à insuffler à ses morceaux une tendance différente, mais tous répondants à un rythme qui ne peut que correspondre au clubbing. Pour preuve le très efficace « I Don’t Stop », un morceau qui caractérise le parcours de Nikola aux quatre coins de l’Europe pour son talent sans faille en club.

« JC’s A.s.s. » est tout aussi efficace, on y ressent même un petit côté Terry Lee Brown Junior. Il ne faut pas oublier que l’écurie Plastic City compte parmi les meilleurs en matière de house, et les codes musicaux du label (deep tech house à tendance club) sont respectés dans cet album. Quand au morceau final, inutile de faire d’éloge : Goldie devrait être satisfait puisque la reprise de son célèbre hymne « Timeless » a été brillamment retouchée par Nikola. Comme si en filigrane l’artiste grec avait voulu nous dire que son album pouvait s’écouter hors du temps. Un album confirmé pour ce producteur expatrié à Berlin depuis maintenant un an.

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After several years releasing EPs on labels such as Urban Torque, Ibadan or also Freerange, Nikola Gala signed his first full-length on the famous Plastic City imprint, sub-label of the great Harthouse. The greek artist first began to compose before mixing five years after and is one of those greek producers to launch a fresh air of electronic alongside Kreon, Lemos, John Dimas or also Mr Statik. Moreover he releases this year the great « The Beginning EP » on Rekids.

His album entitled « The Woman I Love » sticks with sensuality and seduction, near skinny : Nikola creates 10 tracks, all cut into deep house, sometimes minimal and ideal to play on clubs with a massive techy rhythm. He always keeps this trademark as a way to highlight his native country, which is collecting great landscapes and seashores, the whole country enlighted everytime.

As the first track is played « Brin In Da Funk », whih is jazzy and groovy, the musical color is set until the end of the album. Partly angry with « Inner Circles Chords », partly progressive with « I Was So Wrong » and the great collaboration of Sylwia Van Der Wonderland. Nikola spreads into his tracks a single way to feel his music, all replying to a clubby rhythm. As we can notice with « I Don’t Stop », a track which doesn’t need to be describe. When you are listening the whole album you can now be sure about the career of the man through Europe, playing in many clubs.

By the way « JC’s A.s.s. » is really stunning and it could be similar to a Terry Lee Brown Junior’s vision of music. Don’t forget about Plastic City and its impressive roster, its particular definition of house music, which is quite deep tech one and mainly spinning on clubs. Nikola knows it and he fully managed to realise a very nice full-length : the final track is a rework of the fantastic « Timeless » by Goldie. It seems like the greek artist would us to listen to his album several times without being concerned about the time we spent. A confirmed album for this Berlin-based producer.


« MEDITERRANEAN VIBES EP » (Pesto)

Dans près d’une semaine le label allemand Pesto va sortir un nouvel EP. Ce label est reconnu pour sa sélection riche et unique de morceaux deep house et house moderne provenant d’artistes européens. Un des leitmotiv principaux du label est de représenter une « fraîche touche » de house et de se concentrer sur la qualité, non pas de s’acharner à sortir des maxis toutes les deux semaines. Pesto est actuellement l’un des labels qui sont la référence de la musique moderne, en tout cas en house pour ce qui est du style, et Jon Silva, boss du label, a toujours été connu pour faire apparaître à travers son label des jeunes talents.

« Mediterranean Vibes », le nom du nouveau maxi, englobe ce qui se fait en terme de morceaux deep et axés pour chiller sur les plages : « Shake This » par Kountdown Project est un morceau parfait pour bronzer au soleil tandis que Bobby Deep nous refait un travail sur le morceau de Christos Fourkis « About Me », un morceau aux allures dub et très atmosphérique. J Kar et son « Rhythm Xord » donne une touche beaucoup plus bouncy à la sélection, une sélection qui se voudrait plus intimiste à l’heure où le soleil se couche : « The Sea » par Helly Larson est un morceau idéal pour commencer un set, et qui pourrait être suivi par « Don’t Forget » de John Sweet, assez atmosphérique également. Enfin « Success » de Fair Play Knight » est parfait pour le dancefloor.

« Mediterranean Vibes » sera disponible sur Beatport dès le 26 mai, et sur les autres plateformes de vente le 9 juin.

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In about one week will be released a new EP on the german imprint Pesto. This label is known thanks to his sweet and nice selection of fresh house and deep house pearls from the likes of artists who lives in Europe. The aim of the label, and it’s a great one, is to promote the « crème de la crème » about the best music, not to follow the way labels actually do by releaseing every two weeks a new release. Pesto still stands as one of the most innovative imprint on those days, and actually Jon Silva, the boss of the imprint, is always the best person to keep an eye to the talented artists.

« Mediterranean Vibes » , the name of the new EP, makes the full circle from really deep and chilly beach tracks such as « Shake This » by KountDown Project, over a dubby and atmospheric re-interpretation of Christos Fourkis’ « About Me » by veteran Bobby Deep, to bouncy and uplifting House tunes like « Rhythm Xord » by J Kar. When the sun has set, you can begin the evening with Helly Larson’s bumping « The Sea » tune, drop John Sweet’s « Don’t Forget », an atmospheric mover, just to give the crazy clubbers what they need with « Success » by Fair Play Knight.

« Mediterranean Vibes » will be available on Beatport on the 26th of May, and on the 9th of June for the other stores.

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NIKOLA GALA : ‘ THE BEGINNING EP ‘ (Rekids)

La nouvelle sortie du label Rekids est signée par le producteur grec Nikola Gala, un artiste qui est apparu sur l’épisode 5 de Karisma Podcast, intitulée « The Beginning EP ». Mais ne nous y méprenons pas car l’artiste n’en est pas à ses débuts comme l’indique le titre du maxi : en effet voici déjà plusieurs années que ce jeune homme d’une trentaine d’années produit et a signé entre autres sur de très bons labels comme notamment Freerange Records et Plastic City. Les morceaux composant ce maxi sont véritablement ciselés dans un matériau très groovy, quasi-hypnotique et très envoûtant comme le titre éponyme ou encore « Hi Fly ». Mais « Dope Beat » et « Tunnel Vision » démontrent également la qualité des morceaux, tant l’énergie instillée au sein du rythme est redoutable. Nikola revient donc en force avec cette belle parution et donne au label Rekids un coup de fouet qui ne devrait pas entamer la réputation du label bien au contraire.

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« The Beginning EP » is the name of the new release signed under Rekids, very talented imprint which has developped a sound that fits perfectly to the aficionados of the electronic scene. This feature is made by the greek producer Nikola Gala, who has already signed several masterpieces on imprints from the likes of Freerange Records or also Plastic City. Despite the title of the release Nikola is not a newbie of the genre and he puts inside his tracks an energy that we’ve never heard before. « The Beginning » and « Hi Fly » are bombtracks and could be launched on a peak time easily. By the way the other tracks « Dope Beat » and « Tunnel Vision » have enough strength to highlight the wonderful skills of the young producer. Furthermore this release puts once again Rekids into lights.

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ALVEOL : ‘ ALIGNMENT ‘ (Lovezone)

C’est une petite merveille que nous offre le label Lovezone Records. Alveol, suèdois d’origine, produit de la musique électronique depuis une dizaine d’années, et a su interpréter au sein de ces titres une histoire très personnelle, spirituelle, et concrète. Ces neuf titres, entre deep house, ambiant et world music, représente dignement l’état d’esprit du label. A écouter sans modération.

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It’s a really nice treasure which is offered by the Lovezone Records imprint. Swedish-based Alveol shapes electronic music since no more than ten years, and has established inside of his music something really personnal, spiritual and concrete. Those nine titles, between deep house, ambiant and world music, highlights with a very good way the spirit of the imprint. Listen it without moderation.

JIMPSTER : ‘ ALSACE & LORRAINE REMIXES ‘ (Freerange)

Si vous êtes de ceux qui pensent qu’il n’y a pas que les meilleurs artistes qui continuent de grimper dans les charts, alors vous avez sûrement adoré le dernier titre de Jimpster de la fin de l’année dernière ‘Alsace Lorraine’, avec ce petit son de cloche soulignant une certaine mélancolie, mélancolie qui nous a fait aimé ce morceau.

Mais ce mois-ci il se trouve que trois remixes ont été préparé, suite à son succès. On s’attend alors à des versions plus ou moins épurées, plus chaleureuse dans le style soleil, lendemain de fête sur la plage, quelque chose de cet acabit. Ce n’est même pas le cas : ce sentiment de confort intérieur ouvre de nouvelles possibilités. Josh Wink a donc fait un remix assez psychédélique tout en faisant une refonte digitale du riff principal, un pied léger et quelques percussions. On y ressent un climat chaleureux d’entrée de jeu, pour arriver à une version dénaturée et minimale. Une version qui colle à la personnalité de Josh Wink, et qui ne manque pas de nous émerveiller du point de vue de la production.

Dans la version de Dairmont et Beradi l’environnement est déjà plus familier : une version house plus formatée, plus terre-à-terre avec la version originale ; celle de Ripperton est riche et teintée de spasmes fidèle à l’artiste, avec une idée à la base simple, homogène dans son ensemble lorsqu’elle se calque à la reconstruction du morceau original. Comme quoi quelques notes de cloches suffisent à alimenter bon nombre d’idées.

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If you’re one of the many who think that growing up is best left to other people, you might’ve enjoyed Jimpster’s « Alsace & Lorraine » last year. Its glistening bell motif felt like a coloured mobile, but with a laidback « In White Rooms » shuffle.

On paper, you’d expect comfort from the three remixes—lots of warm deepness and airy pads, well-suited to the otherworldliness of a torchlit beach party. But what really heightens them is their introverted demeanour: they make you feel safe, and open to possibilities. Josh Wink’s remix is led by a carefree, deliciously psychedelic digitisation of the lead riff. With just a whisper of the kick and some pattering congas, it builds to a climax, but then drops completely out. At last, though, we’re given the kick, coming in as if on a whim. It’s dead smooth, glitching the spasmodic carnival from dormant to grooving in a split second. .

In Dairmount & Beradi’s mix we’re given space to play in a familiar environment; it’s the most straightforward house here, with cerulean washing and throwback rave stabs, done solidly and with a subtle distinctness. With Ripperton, we’ve made a den under the covers and we’ve got a torch. A short, melting acoustic bass loop and lucid synth tones: As is often the case with Ripperton, the musical ideas are simple, but completely homogeneous with the richness and homely disposition of the sounds. The literal English translation of « glockenspiel » is « bells play. » It’s got those too.

Source : Resident Advisor.

IRON CURTIS : ‘ STUMBLED EP ‘ (Retreat)

Pour son premier maxi sur Retreat, Iron Curtis reste toujours aussi fidèle à cette sonorité classique mais contemporaine qui l’a fait découvrir au public. Les deux derniers morceaux « Creeps » et « All My Friends » sont plutôt dans le genre dubstep et hip-hop, deux genres qui s’implémentent facilement. On notera surtout le son très particulier de l’horloge dans « Creeps », mais mis à part ceci il faut reconnaître que Curtis a plus d’un tour dans son sac et qu’il n’est plus limité à la house.

Ses nombreuses excursions a Chicago le mettent à contribution dans ses productions. « Cover Me » est un très bon morceau deep house: les basses semblent sortir des abysses alors que les paroles nous envoient tout droit au-delà de la période musicale de personnalités comme Joy Orbison et James Blake. Cette douceur musicale vêt un autre aspect sur « Stumbled Across » où les sonorités d’une TR-808 et des notes de clavier nous poussent à gigoter et sortir de chez nous; l’ensemble des snares, hats et claps (termes techniques, ndr) ne sont pas synchronisés et pourtant le morceau « vit ».

En d’autres termes, ce nouvel opus dans la collection des oeuvres d’Iron Curtis nous satisfait amplement, car la qualité s’y attenant nous promet encore de suivre cet artiste talentueux.

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On his first record for Retreat, Iron Curtis issues a caveat that we had all better come up with some alternative to the usual « classic but contemporary » cajolery normally reserved for his work. The b-side tracks « Creeps » and « All My Friends » are loose forays into hip-hop and dubstep-implied sounds respectively, and neither can be said to imitate. They’re short sketches that aren’t fully-rounded, but they cover enough atypical ground (the Gamelan-sounding bell breakdown on « Creeps » is a particularly nice touch) to suggest that house could eventually become an unnecessarily limiting style-bracket for the German producer.

For now, though, it’s still his wormhole transit to Chicago and back again that sets him apart. « Cover Me » is quintessential deep house. The bass sounds as if it’s pumped from the gills of some deep-sea creature while vocals chopped-up at chipmunk-pitch carbon date the track to the post-whatever era of people like Joy Orbison and James Blake. It’s smooth and suave unlike the spasmodic body-rock of « Stumbled Across » where 808 hits and keyboard stabs seem to hold your hips in a split-second state of anticipation. An ensemble of snares, hats and claps aren’t quite in time with one another, and that’s the treat: it feels live. Classic and contemporary it might well be, but it’s also surprising and satisfying, qualities that Iron Curtis seems to convey more and more with each release.

Iron Curtis – Stranded (Cut) by Iron Curtis

DENNIS FERRER : ‘ The Red Room ‘ (Objektivity)

Est-ce qu’il serait facile de dire que ce nouveau maxi de Dennis Ferrer représente le yang alors que son dernier tube « Hey Hey » serait le yin ? C’est une question très compliquée, certes. Il y a toujours quelque chose à dire à propos de cet artiste incontournable de la scène house contemporaine. On ne peut pas passer à côté de ses nombreux morceaux, et c’est impossible de rater cette nouvelle sortie intitulée « The Red Room » parue sur son propre label Objektivity. Kyle MF Hall a concocté un excellent remix à juste titre.

Le « Obj Vocal Mix » est poinctué d’accents afro et d’une TB-303 extatique, tandis que la voix de Dawn Hulton donne du volume au morceau, un peu dans l’esprit de la chanteuse Grace Jones. C’est un tour de force surprenant que Ferrer nous livre, confirmant une nouvelle fois son talent pour créer un groove unique.

Sur la face B se présente le « MeMix » de Hall… Ce n’est pas de la fidget-house, mais il est tout de même aisé de reconnaître que le vocal « Wuh-w-w-wh-well » ressemble étroitement aux productions de Switch, productions parues au milieu des années 2000. Le groove est très cosy, les notes et les vocaux absorbés par les pieds du rythme, idéal à fredonner dans la rue.

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Is it too facile to consider this Dennis Ferrer’s yang to « Hey Hey »‘s yin? It’s super-obvious, right? Yet if there’s more to it than that—there always is—there’s still something to say for an artist so adept at getting everyone to sing along, and then turns around and releases something as subterranean and acid-tracky as « The Red Room. » And puts Kyle MF Hall on the flip. Because he can.

Ferrer’s « Obj Vocal Mix » is spurred along by conga accents and pulsating 303s, but Dawn Hulton’s vocal is arty-spiky in a way that brings to mind post-punk and its more recent descendants as well as above-it-all Grace Jones-style ice-diva-dom. Ferrer keeps moving the furniture around to show off different facets of his multi-lined groove.

And on the B-side, Hall’s « MeMix » goes . . . fidget-house?! Not quite, but the stuttering vocal snippet (« Wuh-w-w-wh-wh-well! ») isn’t that far removed from mid-’00s Switch. The groove is, though—comfortably flat four with springy accents whose glitchy touches (including those vocals) are absorbed by the kick drum, and thus easy on the ear.

Dennis Ferrer – The Red Room (Obj Vocal Mix) by Objektivity

SPIRITCHASER : ‘1440’ (Guess Records)

Mark Bamford et Richard Earnshaw sont les deux personnes qui composent Spiritchaser. Formé au tout début des années 2000 par leur amour respectif pour la musique électronique, ils se complètent par leur approche d’une musique à la fois deep, progressive, et fabrique une house très émotionnelle qui se rapproche d’un esprit dance. Spiritchaser a remixé de nombreuses productions sur de grands labels pendant ces dix dernières années, grâce aussi à leur propre label intitulé Guess Records.

C’est à la rentrée 2010 que sort donc leur tout premier album ‘1440’, en cette période où l’hiver et le froid arrivent petit à petit (excepté si vous habitez dans une région tropicale). L’album contient plusieurs escapades musicales dont le groupe a le secret, notamment sur des morceaux comme « Not Far » et « Time Will Tell », et notons aussi la présence de la chanteuse Emily Haughton sur le fabuleux titre « These Tears ».

Si l’attente de l’album a été longue, c’est que le talent de ces deux artistes est mérité : nous n’oublions pas « As We Continue », ce morceau entre deep house et tech house qui a suscité de vives critiques en 2003 paru sur le label anglais Niche Blue. L’ambiance intemporelle de leurs productions ainsi que cet hédonisme en filigrane a été très bien perçu parmi la scène électronique et parallèlement il a été très difficile de savoir si le duo allait se mettre à la création d’un album.

C’est donc après presque dix ans de production que l’arrivée de ‘1440’ se fait cette année, un album qui a le mérite de franchir de multiples territoires tels que ceux de la deep house, de la chill out, avec des accents tantot tech house, tantôt sibériens. Avec cet album, il y a fort à parier que nous n’avons pas fini d’entendre parler de Spiritchaser.

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Spiritchaser duo Mark Bamford & Richard Earnshaw first started producing electronic music together at the turn of the century. The music they create is a true representation of the mutual love & understanding for deep, progressive, emotive house & dance music. Spiritchaser have remixed for a number of Major Record Labels & Artists whilst consistently releasing top quality, influential records over the past ten years, often through their home grown independent label Guess Records.

2010 & their debut album 1440 has just been released in time for the cold dark winter months (if you live in the Northern hemisphere, otherwise it’s perfect for those long hot summer evenings on the beach!) The album includes exclusive mixes of « Not Far » & « Time Will Tell » as well as new journeys in musical soundscapes & beats. First single off the album « These Tears » featuring vocalist Emily Haughton

In 2003 we have heard their fantastic and amazing « As We continue » released on Niche Blue, an english-based label run for deep tech sounds. Their sophomore chilly wavy deep house has begun to spinning around some of the most acclaimed DJs and producers, and finally Spirtchaser has received brilliant critics for their innovative sounds. Their hedonism tune just blow our mind and it’s a really good news that this year their brand-new full-length is finally launched on the electronic world.

‘1440’ spread the word accross deep house, tech house, ambiant and some of the most chillaxing sounds of today. This album, released on this pre-winter era, is the masterpiece which give Spiritchaser his imprint on the electronic world.

SPIRITCHASER’s MYSPACE

Spiritchaser « 1440 » preview by Spiritchaser

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TEVO HOWARD Feat. TRACEY THORN : ‘Without Me’ (Rebirth Records)

On laisserait bien discuter des ingénieurs du sons avec des termes techniques en ce qui concerne le nouveau maxi de Tevo Howard : il y a d’un côté la voix de Tracey Thorn, et de l’autre d’anciennes drum machines. A juste titre la voix de la chanteuse, qui a contribué à l’essort du groupe Everything But The Girl, donne une touche colorée à celui qui a sorti « Without Me », un titre qui date de 2008 et qui a révélé les talents de producteur de Tevo. En gros le morceau fonctionne grâce à un bon piano old school classique et des éléments analogiques qui peaufinent la qualité de celui-ci. Du coup la voix de Thorn, très prisée pour envelopper des morceaux dans une optique dance, est très bien adaptée et contribue à faire du morceau un titre assez difficile à qualifier.

Dans ce maxi sont donc présents un original mix qui oscille entre une balade nocturne à Chicago et le côté anglais de Thorn où ses paroles « If my hearts tell me » et « I’ll be cold as the snow » résonnent comme une ode à la nostalgie, et offre un caractère authentique au morceau. Il y a aussi la Shield Edit Reprise avec la voix somptueuse de la chanteuse et le piano, ainsi qu’un edit radio qui caractérise l’esprit du label Rebirth, avec ces 4 minutes condensant le meilleur du morceau.

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I’ll leave it up to the audio engineers to explain this in technical terms, but there appears to be a conflict in Tevo Howard’s latest record: Tracey Thorn vs. vintage drum machines. The voice of Everything but the Girl appears here to add vocal colour to the Chicago producer’s 2008-released « Without Me. » In its pure form, the track works a piano-led classicist house angle, with the use of analog gear giving that somewhat muffled—but these days highly coveted—matte to the finish. This updated offering sees Thorn, arguably the most naturally adept vocalist to ever lend her voice to the dance music genre, pen an original song and slot clean and clear into « Without Me »‘s flattened mid-range.

The original mix kicks a stone along a Chicago sidewalk at sunrise, before the scene cuts quickly to an FM radio and kitchen somewhere in middle England. Thorn’s vocals (« If my heart tells me ‘no’/I’ll be cold as the snow ») are immaculately delivered, and left largely dry effects-wise, but therein lies the issue. Her signature delivery simply swamps Howard’s staunchly « authentic » approach to timbre, with the gritty percussion in particular suffering from the juxtaposition. Much better off is the Shield Edit Reprise which is largely shorn of the original’s low-frequency drum content, leaving Thorn to exhale over Howard’s poignant piano line and accompanying synthesis. However, an included four-minute Radio Edit should give the clearest indication of where Rebirth were pitching this mismatched meeting.

LABEL

Tevo Howard Feat. Tracey Thorn – Without Me (Hyena Stomp Remix) by Nico De Ceglia

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